« Je me demande si le poids de forme existe, car lorsque je perds du poids pour arriver à 60kg, je remonte ensuite systématiquement à 70kg et ensuite je stagne à ce poids. »
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Découvrir FondationsLe principe de base : dépenses vs apports
La dépense énergétique est composée de différents paramètres : beaucoup de dépense pour les fonctions vitales de l’organisme, pas mal de dépense liée à l’activité physique volontaire et non volontaire, et un peu de dépense liée à la digestion.
On perd du poids, on stagne ou on en prend en fonction de la balance entre les dépenses et la consommation alimentaire. Si les dépenses excèdent la consommation, on perd du poids ; si elles s’équilibrent, on stagne ; si on mange plus que ses dépenses, on prend du poids.
Pourquoi les besoins changent avec le poids
Les dépenses ne sont naturellement pas les mêmes selon le poids : plus on est lourd, plus les besoins énergétiques vitaux augmentent (on est d’accord qu’une A1 consomme moins qu’une Q3).
Admettons qu’une personne de 60 kg ait besoin de 1800 kcal par jour pour maintenir son poids, et que cette même personne ait besoin de 2200 kcal pour maintenir son poids à 70 kg. Si elle mange 2200 kcal par jour à 60 kg, elle sera en excédent calorique et prendra du poids. Mais une fois arrivée à 70 kg, elle sera en maintien calorique, et stagnera à ce poids.
L’adaptation métabolique : pourquoi la reprise n’est pas un échec
Il y a cependant un paramètre supplémentaire à prendre en compte, qui explique très probablement une reprise de poids qui se stabilise systématiquement au même niveau après un régime. Après une perte de poids, le corps ne se contente pas d’avoir simplement moins de masse à faire fonctionner : il s’adapte activement pour freiner la perte, un mécanisme qu’on appelle l’adaptation métabolique.
On bouge un peu moins sans s’en rendre compte (moins d’agitation spontanée, moins d’envie de bouger), certaines hormones de la faim (comme la ghréline) augmentent, et d’autres liées à la satiété (comme la leptine) diminuent. Résultat : à poids égal, une personne qui a perdu du poids pour y arriver a souvent une dépense légèrement plus basse, et une faim légèrement plus élevée, qu’une personne du même poids qui n’a jamais restreint.
Ce n’est donc pas juste « j’ai fini par manger plus que ma stagnation » — c’est aussi que le corps pousse activement à manger davantage et à moins bouger après une restriction, ce qui rend la reprise de poids beaucoup plus probable, presque indépendamment de la volonté. Remonter à un poids puis s’y stabiliser n’est donc pas un échec ni un manque de discipline : c’est une réponse physiologique cohérente à une période de restriction.
Partant de ce constat, il suffit de manger à stagnation pour se maintenir à un poids donné — en gardant en tête que ce chiffre de maintenance peut mettre du temps à se stabiliser après une perte de poids, le temps que l’organisme « digère » le changement.
Le vrai poids de forme
Il faut se poser la question de la pertinence de vouloir rester à un poids donné, et surtout, se demander si cela ne présente pas des contraintes trop grandes :
- Es-tu prêt(e) à accepter que ta maintenance calorique est plus basse et que tu devras donc manger moins sur le long terme ?
- Arriveras-tu à respecter tes apports caloriques sans avoir besoin de tracker chaque calorie de façon obsessionnelle ?
- Auras-tu assez d’énergie chaque jour pour effectuer tout ce que tu souhaites, dormiras-tu suffisamment bien ?
- Auras-tu assez d’énergie disponible pour que ton corps n’ait pas besoin de stopper certaines de ses fonctions essentielles (par exemple le cycle menstruel) ?
Si oui, alors il n’y a aucun souci pour rester à un poids donné : on peut dire qu’il s’agit d’un poids de forme. Mais en vérité, il y a plusieurs poids de forme possibles.
Tant que ta santé physique et ta santé mentale sont préservées, on peut dire que tu es à ton poids de forme, peu importe les chiffres.
